
Cet album est une lente respiration. Doux, aérien et en même temps terriblement ancré au sol. La voix de Lhasa est toujours aussi mystérieuse en ce sens qu’elle oscille entre fragilité et caractère. Mais plus encore, cette voix est riche en sa vérité. Pour ce dernier opus, elle nous propose une instrumentation proche d’une sorte de folk qui rappelle au passage Calexico, Neko Case ou plus justement Alison Krauss. Les chansons sont toutes empreintes d’une douceur et d’une sensibilité déconcertantes; il n’y a aucun artifice sur cette production. Tout est affaire de subtilité, de nuances et de chaleur enveloppante. Une écoute à la tombée de la nuit est sans doute le décor qui s’impose histoire d’apprécier cet album à sa juste valeur.
Enfin, il y a cette richesse indéniable qui transpire de la proposition, laquelle est sans doute attribuable, en partie du moins, aux conditions d’enregistrement (le choix a été fait, nous dit-on, d’utiliser la technologie analogue de A à Z). Je retiens de cet album, la très belle Where do you go et la solide Love came here. Une belle traversée en territoire heureux que cet album. [Par Éric Boulé]
